[CITOYEN] Sortie à l’ARCOM : comprendre la manipulation de l’information, un enjeu démocratique majeur
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"Nous cherchons à identifier ce qui caractérise la manipulation, intentionnelle et artificielle, de l’information et la perturbation du débat démocratique qui en découle. " : c’est par ces mots que Martin Adjari, président de l’ARCOM, a ouvert la table ronde organisée hier, à laquelle participaient nos élèves de 2GT2, classe média du lycée Gustave Eiffel.
Organisée dans le cadre de la 37ᵉ Semaine de la presse et des médias dans l’école (SPME), cette rencontre a réuni les élèves et plusieurs experts autour des enjeux de la manipulation de l’information. Dans le nouveau siège de l’ARCOM, le « gendarme des médias », les participants ont pu écouter les interventions de Grégoire Darcy, auteur de l’étude Lutter contre la désinformation : penser autrement l’action publique à l’aune des sciences cognitives ; Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué et éditorialiste politique à Ouest France ; et Marie Picard, directrice de Radio Grenouille, membre du Réseau Radio Campus.
La discussion a mis en lumière des réponses concrètes face à la désinformation, en abordant le rôle du lien social dans la confiance informationnelle, les pratiques journalistiques face aux manipulations et l’éducation à la citoyenneté numérique. En effet, dans un environnement où circulent massivement les contenus et où les repères se fragilisent, la manipulation de l’information reste un enjeu central pour le débat démocratique.
Au cours de cette rencontre, Adiouma a répondu à la question de savoir si les jeunes étaient méfiants ou confiants face aux informations diffusées dans les médias et comment ils vérifiaient leur véracité. Selon lui, les jeunes s’informent surtout sur les réseaux sociaux et se réfèrent, en cas de doute, à des pureplayers comme HugoDécrypte ou Brut, jugés plus fiables. Stéphane Vernay a ensuite interrogé la valeur de ces contenus, souvent relayés par ces médias à partir d’informations glanées par la presse traditionnelle, tout en soulignant les fragilités économiques qui s’installent insidieusement par le non respect du droit de la propriété intellectuelle.
Imane a insisté de son côté sur le besoin de former également les seniors, souvent à la retraite, qui se replient sur les réseaux sociaux et contribuent au relais de désinformation, de malinformation et de mésinformation. Elle a expliqué : « Nous sommes formés à l’école sur des parcours PIX IA pour prendre du recul sur ce que nous lisons ou voyons en ligne ; pourquoi les générations les plus âgées nous interdisent-elles l’accès à ces outils alors qu’elles-mêmes ne maîtrisent pas les leviers de cette désinformation ? » Les intervenants ont suggéré que les jeunes pourraient jouer un rôle actif dans l’éducation aux médias et aux réseaux sociaux pour nos aînés, souvent exposés à des bulles de désinformation sur des plateformes peu ou pas régulées (c’est le cas notamment de Facebook au nom de la liberté d’expression).
Pour conclure, Bénédicte Lesage, présidente du groupe de travail « Éducation aux médias, transition écologique et santé publique », a encouragé les élèves à s’exprimer : « Plus les jeunes parleront de ces sujets, plus l’ARCOM pourra identifier les enjeux de formation EMI pour les élèves. ». À nous, l’École, de continuer à libérer cette parole pour construire notre bien commun futur.


